Lundi 21 juillet 2008
Bonsoir... (voix sensuelle au portable)

Suite à une plainte formulée au sujet du concours qui a tenu en haleine tous les lecteurs de ce blog (rappelez-vous! la citation-mystère), la rédaction (qu'écris-je! la Rédaction) déclare qu'un autre concours suivra bientôt, pour le plus grand bonheur des petits et grands.

Suite à une remarque mesquine de M.Rouy (sur mon wall facebook, j'ai honte) : non, non, et non. Je ne râle pas. Faire preuve de second degré ne signifie pas être de mauvaise humeur : ça m'amuse, ça plaît aux femmes, ça protège la couche d'ozone et ça sauve les bébés phoques.

Je ne râle pas.

Pour vous le prouver, nous allons de ce pas (hum) parler d'un sujet d'intérêt général : le  code de la route marocain, ou plutôt son absence. Et, je vous promets de tâcher de rester léger, malgré ma lecture du Dahlia Noir et des visions de tôle froissée que suscite en moi ce genre de sujet.
Entamons les hostilités (ça commence bien...).


Chiffrons le désastre*


Taux de Motorisation pour 1000 habitants :
587 en France, 65 au Maroc.
Nombre moyen de tués par an : 7654 en France, 3894 au Maroc.
Rapide calcul : les Marocains rejoignent Allah 4,5 fois plus souvent que les Français ne rejoignent Jean-Paul II.

Quand on imagine le nombre d'accidents que ça représente, on se dit que le Maroc représente un sacré marché automobile (d'occasion), avec un taux de turn-over élevé (pour peu que la demande soit solvable...). Qu'on pourrait résoudre la question du chômage en engageant des urgentistes (qui conduisent prudemment). Et que le problème de la minéralisation rapide de l'humus en milieu aride ne se pose pas aux abords des routes et des cimetières.


Restons légers.
Trouvons des boucs émissaires.

Expression amusante dans le contexte d'ailleurs, parce-que ledit bouc émissaire se faisait balancer du haut d'une falaise. Et j'ai une mauvaise nouvelle : d'après mes estimations, il n'est pas loin d'y avoir 30 millions de responsables au Maroc (méthodologie de calcul en annexe, prochainement).

En tête de liste : les innombrables Policiers, Gendarmes Royaux et Auxiliaires de Sécurité. Qui perdraient un peu de leur ventre s'ils se bougeaient enfin, et qui gagneraient un peu de respect de la population s'ils arrêtaient de toucher des bakchichs.

Digression : le Bakchich**
Bakchich  =  corruption institutionnalisée et érigée en style de vie. Cancer du Sida de l'état de droit. Aussi indissociable du Maroc que la connerie à l'état brute de TF1. Le bakchich est LA solution à tous les problèmes que des imbéciles ont mis sur le chemin du Vertueux sous prétexte d'intérêt général.
Cette solution miracle concerne donc, en vrac : le paiement des impôts, les pièces justificatives d'ordre mineure (Visa...), les appels d'offres, les contrôles techniques, les contraventions. Elle s'applique partout et de tout temps, quasiment à tous (et probablement même aux imbéciles qui ont rendu cette solution nécessaire). Elle se pratique dans la seule internationalement parlée, et consiste à simplifier ses relations avec une tierce personne potentiellement en position de vous broyer administrativement l'entre-jambe.

Bref, pour 50 à 100 dirhams, en fonction de la gravité de la bévue routière et votre look, le garant de l'Ordre oubliera de vous coller une contravention (qu'il n'était pas forcément en mesure de rédiger d'ailleurs), d'enrichir les caisses de l'Etat. Utile dans un contexte où le Salaire Minimum Agricole "s'élève" à 1500 dh, et la prune pour léger excès de vitesse à 400dh.

Conseil si vous roulez au Maroc :
respectez la loi, ou munissez vous de liquide.


Restons légers. Listons les comportements à risque.

Je vous rassure, cette liste sera non exhaustive. En bref :
- la petite ligne blanche n'existe pas : au Maroc, force est de constater qu'une grande partie des usagers de la route est composée de daltoniens. Qui ne distinguent pas la ligne continue du bitume sur lequel ils vont laisser leur visage. Cf. 144 000.
- les limitations de vitesse n'engagent que ceux qui y croient : les conducteurs semblent s'en moquer autant que Gautier de P.Y., et Alexandra de Jean-Robert Dubois Meury (double private joke). Ce qui est beige allant plus vite,  ce sont les taxis qui ont le plus tendance à écraser le champignon. Le taxi qui m'a ramené d'Agouim avait par exemple remplacé le compteur de vitesse par une horloge. Ce qui minimisait effectivement ses chances d'arriver en retard à un rendez-vous.
- c'est dans les vieux véhicules qu'ont fait les meilleurs accidents : les camions qui circulent sont souvent des Berliet, une marque française qui a fait faillite. Les petits taxis -petit format- sont des Peugeot 205 (ouch) qui ne passeraient pas le contrôle technique en France (n'en jetez plus). Les petits taxis -grand format- sont des Mercedes, ce qui devrait nous rassurer. Le fait que le symbole de la marque soit très souvent remonté à l'envers sur la calandre laisse malheureusement imaginer les pires bricolages.
- le crash est pavé des meilleures intentions : paver, goudronner, faudrait justement qu'ils s'y mettent. Le rythme actuel de construction des autoroutes est de 80 km/an***. Ce qui implique qu'un automobiliste n'a que 36 minutes pour admirer le travail d'une année de Direction de l'Equipement. S'il respecte les limitations de vitesse.
- la place du mort porte bien son nom : la ceinture de sécurité est vue comme un élément décoratif. La demander est l'assurance de recevoir un sourire condescendant et amusé. C'est ça, un moment Nutella.

Conclusion : Marocain au volant, danger au tournant.
Conclusion 2 : si vous en voulez à votre belle-mère, faites la voyager en taxi au Maroc.
Conclusion 3 : cette semaine, je me fais une cure de Bisounours, et je vous reviens tout frais et sous laudanum dimanche prochain (ma cure jour par jour sur Facebook).


Bonne semaine...

* source : Bilan Décennal des Accidents de la Circulation au Maroc (1995-2004).
** le temps passé ne s'achète pas. Pour tout le reste, il y a EuroCard MasterCard.
*** source : quotidien marocain l'Opinion, c'est-à-dire Mohammed VI en personne.

Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 13 juillet 2008
Bonsoir tout le monde (enfin, à ma maman surtout).

Je voudrais commencer par féliciter le dénommé Matthieu, qui a répondu correctement à l'unique question de notre Grand Concours (pour ceux qui débarquent, je les invite à lire l'article que j'ai pondu vendredi soir) : la réponse était bien sûr Pulp Fiction.Matthieu a donc gagné toute notre estime, ainsi que le prix associé. Mon agenda étant malheureusement plein, Matthieu a remporté Margaret Tatcher herself.

Par chance, c'est sans obligation d'achat.

Chose promise, chose dûe, on va parler du Manuel des Castors Juniors, que nous nommerons PGSMA (mon premier acronyme! je peux aller travailler à Bruxelles) pour des raisons de droit d'auteur, et pour ne pas entacher d'un parfum de scandale l'immaculée mémoire de Walt Disney.


SMPB : Se Méfier des Petites Bêtes

- Thomas, tu fais bien attention aux scorpions ?
- Oui oui bien sûr, je vérifie bien dans ma douche qu'aucun scorpion n'est présent.
- Oui ben fais attention quand même, l'année dernière un scorpion m'est tombé dessus depuis le plafond.


Cette bribe de conversation vous illustre à merveille pourquoi SMPB constitue un point essentiel du PGMSA. Les crapauds, grenouilles, scorpions et autres erreurs de la nature (une blague ignominieuse fuse dans mon esprit...) abondent au Maroc. Résumons :
- les grenouilles s'invitent là où il fait frais, c'est-à-dire dans la douche et sous le lit. Curieusement, elles ont tendance à éviter les paquets de linge sale, et particulièrement mes chaussettes. Elles (enfin, les grenouilles) ne sont pas dangereuses, même si je me suis laissé dire que leur bave, qui n'atteint pas la blanche colombe, est irritante.
- les scolopendres se glissent dans les conduites, et surgissent dans les robinets et les douches. Leur morsure est désagréable, mais peu dangereuse. Les conséquences esthétiques (aspect de tumeur en stade terminale) peut être préjudiciable à la concrétisation de relations sexuelles.
- les tebakha, rapides araignées aux couleurs de l'opération Tempête du Désert, causent de morsures de gravité comparable à celle des scolopendres. Elles sont attirées par la lumière, ce qui peut être utile pour faire de mauvaises blagues.
- les scorpions cherchent également la fraîcheur, ainsi que de la nourriture (dont vous êtes potentiellement). Ils sont noirs ou jaunes, et leur dangerosité varie en fonction de leur couleur : les jaunes seraient plus dangereux que les noirs (deuxième blague ignominieuse...).

Procédure à suivre en cas de piqûre par un scorpion:
1. Ecraser cet _______ de scorpion (de sa mère la _____).
2. Refroidir la plaie. Utiliser des glaçons, ou, à défaut, le gaz (j'ai bien dit le gaz) d'un briquet.
3. Faire un garrot.
4. Appeler les secours avec votre portable (Pas de chance, pas de portable? Plus de forfait ? cf 144 000).
5. Attendre patiemment, respirer lentement pour limiter la diffusion du poison.
6. La standardiste ne comprenais pas le français : rappeler (Plus de forfait ? cf 144 000).
7. Prendre son mal en patience. Maudire ce _____ de scorpion encore et encore.
8. Rappeler les urgences, essayer l'anglais (Ca ne fonctionne pas et vous ne parlez pas Amazigh? cf 144 000).
9. Serrer les dents. Pleurer un bon coup.
10. Rappeler les urgences, les convaincre d'interrompre le thé pour venir vous chercher (préciser qu'on a beaucoup de relations/d'argent au besoin).
11. Souffrir en silence. Se repasser le film de sa vie. Pleurer un bon coup.
12. Don't Worry, Be Happy.
13. Regarder avec émotion l'ambulance venir vous chercher.
14. Passer à la caisse, comme promis.
15. Reprendre des forces.
16. Rentrer en France. Raconter ses aventures à belle-maman. Passer pour un héros. Marier sa fille. Cf. 144 000.

144 000. Vous êtes mort. Dommage...


SMN : Se Méfier de la Nourriture

En complément de désinformation à l'article sur la nourriture marocaine, dressons la liste des aliments qu'il faut éviter :
- en saison chaude : poisson, pastèques et melons suspects, pour cause de désordres intestinaux. Tagine, pour cause de forte chaleur. Eau du robinet, pour cause de (dé)goût et de désordres intestinaux.
- en toute saison : le S'ffa, pour cause de goût. Les aliments trop gras ou trop sucrés, pour cause de surpoids.
Notez cependant qu'en cas d'impossiblité d'éviter les aliments trop gras et trop sucrés, manger du poisson en saison chaude peut constituer une solution.


SML : Se Méfier du Langage

Ne pas comprendre les indigènes peut parfois mener au bord de la crise cardiaque. Par exemple (tout à fait fortui), ça peut vous amener à croire au cours d'une discussion sur la religion qu'un gars qui vous regarde dans les yeux en vous disant "Profite, profite" vous veut du mal, alors qu'il ne fait que traduire Mohammed (Prophète) à quelqu'un désirant s'exprimer en français.


Conclusion: Les trois piliers du PGSMQ sont donc le SMPB, le SMN et le SML (c'est décidé, demain je candidate). Suivre ces préceptes vous permettra de survivre en conditions difficiles, de rentrer dans votre pavillon de banlieue bardé de coups de soleil et auréolé de gloire, et de faire une soirée diapositive pour impressionner vos voisins. Cf 144 000.


Trève de bêtises pour ce soir. Faites attention à vous.
Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 11 juillet 2008
Haaaa des compliments. Ca faisait longtemps que j'attendais ça **air peiné**. Désolé pour dimanche dernier, j'étais à Agouim (un bled à 60 km de Ouarzazate) chez Serena et Sylvain. Ils vont bien, merci. Serena se remet de ses calculs rénaux, Sylvain est lui en forme (de barette de shit, pour être précis). Leur travail avance leeentement, comme le mien. Il paraît que ça s'appelle travailler à la Marocaine. Si c'est vrai, les Suisses sont battus à plate couture.

Bref.

Ceci étant dit, merci de ton commentaire, Alexandra, ça me permet de rebondir (très) élégamment sur le sujet du jour.
Après l'alcool et la télévision, messieurs-dames, restons dans le hautement culturel et taillons une bavette autour du sujet du jour : la ripaille.


Comment mange-t-on au Maroc?

J'aurais bien répondu d'un lapidaire "mal", mais Ida m'aurais taxé d'ethnocentriste (page 704 du Petit Robert édition 1977, en bas à droite). Dans le but avoué d'éviter une dispute de couple transnationale par SMS (qui coûterait affreusement cher), je vais essayer de détailler un peu.

On mange en fait avec les mains, ou plus précisément avec du pain. Comme la mie ne sert à rien dans le cadre de ces pratiques ("d'un autre âge"), et que le monde est bien fait, le pain aussi plat que les projections de croissance française actuellement sur le bureau de Me Lagarde. Il y a donc beaucoup de croûte qui sert à se saisir de la nourriture en vue de se sustenter.
Astuce : en utilisant la main, on peut tester la température des aliments.
Conséquence : personne ne se brûle la langue
Corollaire : tout le monde se brûle les doigts.

Deuxième particularité : on mange tous dans le même plat. Et aux bobos qui vanteront l'aspect communautaire de la chose, je répondrais ceci  : en bonne compagnie (Raph, si tu m'entends), c'est très bien. Mais quand tu te retrouves à table avec un gars affublé du surnom "La Morve", ça calme. Je ne vous parle même pas de cas où le voisin de table s'enfile un Spasfon (en te souriant) avant d'entamer le repas. Ou de l'impérieuse nécessité de marquer son territoire (avec la fourchette!), pour éviter que les voisins de gauche et de droite n'envahisse notre pré carré (et source d'ATP). Ou de la non moins impérieuse nécessité de s'attaquer à la viande le plus vite possible.

En somme, manger dans le même plat, c'est comme les relations de voisinage : en cas d'incompatibilité d'estomac, ça tourne vite au Chacun Pour Soi (comprenne qui pourra).


Que mange-ton au Maroc?

La nourriture, au Maroc, et du moins pour le Maroc des Marocains (ie pas celui des touristes), est relativement répétitive et un rien roborative. Elle se distingue par l'absence de porc, et se divise en quatre grandes catégories :
- le tagine. Ce terme désigne à la base le plat en terre dans lequel on fait cuire les aliments. Les marocains procèdent donc par synecdoque (?), mais, après s'être empiffré par 38°C à l'ombre, on pourrait en tout état de cause penser que les aliments eux-mêmes sont en terre.
Le tagine se décline en de multiples versions (**et bientôt en de multiples coloris**) : chèvre/poulet/poisson/légumes, sans oublier le tagine de pruneaux. En gros, ça se compose toujours de légumes (beaucoup de légumes) et de viande (beaucoup de viande). Et ça a toujours l'amusante caractéristique de se cuisiner en plusieurs heures. Ce qui peut expliquer, avec la sieste, la longueur démesurée de la pause de midi.
- le couscous, tous les vendredi. En arabe, soukssou: j'aimerais bien connaître le nom de l'abruti d'explorateur qui s'est trompé au moment de faire son rapport.
- le S'ffa. Un plat composé de pâtes sucrées-salées, abondamment relevées (avec des lueurs inquiétantes au fond des yeux) de sucre glace et de cannelle. Scoop : quand ils s'en donnent les moyens, les Marocains sont capables de battre les Anglais au niveau immondice culinaire.
- les innovations culinaires. Comme toutes les innovations au Maroc (***jugement de valeur***), il y en a peu ("à défaut d'avoir des idées, restons traditionnel").  Citons uniquement l'émouvant saucisson reconstitué rouge, qui est à la gastronomie ce que Tchernobyl est à l'écologie.


Conclusion 1 : désolé pour l'OMS, mais on pulvérise les 2500 kcal recommandées. Cela dit, ça aura au moins le mérite de prouver que des pauvres peuvent être victimes d'obésité.
Conclusion 2 : pour 2 calories, tu ne manges rien. Tu regardes le plat (de loin). Et une fois loin, tu restes loin.
Grand jeu concours : de quel film culte est extraite cette dernière réplique? Un cadeau au choix (Margaret Tatcher ou un tagine en ma compagnie) à gagner.
Conclusion 3 : il faudrait peut-être que je fasse des abdos avant que ma belle ne me rejoigne.


A dimanche, inch'allah, avec le Manuel des Castors Juniors Marocains.
Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Dimanche 29 juin 2008
Bonjour à toutes et à tous (Ici Ouarzazate. Le Français parlent aux Français.)

Température au soleil : 42°C (vers midi)
Température à l'ombre : 38°C
Etat de santé du sujet : bon
Avancement du travail : lent

J'étais partie pour vous parler des kasbah, mais j'ai réfléchi. Je me suis dit qu'au final, parler de ce genre de sujet revient à donner dans le cliché, et renforce l'incompréhension entre nos deux pays (rien que ça). Je préfère donc discutailler autour d'un sujet qui concerne les Français 3h45 par jour en moyenne, et les Marocains certainement plus.

Ceux-ci passent en effet beaucoup de temps devant la petite lucarne. Ils sont assez fier de montrer qu'ils possèdent  une télévision, quand ils en possèdent une (quand on reçoit quelqu'un,ici, on s'assoit dans la salle de télé, et on l'allume souvent). Il faut également dire qu'il est assez facile de se faire "débloquer" l'accès aux bouquets satellitaires, et qu'avec l'impossibilité de faire le moindre mouvement entre 13h et 16h...

Les prinicipales chaînes marocaines sont la 1 et la 2. Ce sont des chaînes publiques (donc sous le contrôle de SM le Roi Mohammed VI). Le programme-type :
- le JT (successivement en arabe/français/espagnol). Le jingle s'ouvre sur des séquences montrant Mohammed VI traversant la foule en délire, ce qui donne d'emblée une idée de l'objectivité journalistique qui va suivre. Les sujets sont toujours l'incroyable développement économique du Maroc/les projets de développement économique des grandes villes/les possibilités d'emplois à l'international pour les Marocains (dans le secteur des hautes technologies...)/les visites de la famille royale/le retour des Marocains résidant à l'étranger pour les vacances/ la musique traditionnelle/les exactions perpétrées par le Front Polisario. Les autres sujets (conditions de vie en milieu rural? émeutes? déficit commercial marocain? politique internationale? etc) sont traités par le mépris. Heureusement qu'un DJ marocain a eu la bonne idée de se tuer la semaine dernière en voiture, ça nous a changé.
- les séries : elles sont égyptiennes pour la plupart, parfois mexicaines. Ca ressemble aux Feux de l'Amour (moumoute/surmaquillage/jeu d'acteur discutable), mais en pire. Le doublage arabe en décalé n'améliore rien.
- les dessins animés : j'en ai vu un. C'était un manga (désolé Alexandra), qui raconte l'histoire de trains qui se transforment en petits bonshommes et se battent. Les petits trains blancs défendent les héros de l'histoire (un garçon et une fille aux grands yeux), les petits trains noirs les attaquent, dans une grand débauche d'effets lumineux. Epileptiques s'abstenir.
- les films : les jeudi, samedi et dimanche. Chaque jeudi, c'est Jean-Claude VanDamme qui cogne. Notez que les scènes de baisers et autres passages "choquants" sont coupés au montage, sans aucun raccord. La violence, surtout gratuite, est laissée, elle.
- la publicité :  très présente, elle vante les mérites des réseaux de télécoms et des jus de fruits à 7,5 DH. Le niveau est à peu près celui de la pub Javeldose (Javel dire à tout le monde). Du pur bonheur.

Le souci est que les Marocains se rendent bien compte de la nullité de leur télé. Dans la médiocrité ambiante, ce sont les chaînes panarabes (et leurs financeurs saoudiens...) qui prennent le dessus, avec le traitement de l'information que l'on sait.

Fin de la diatribe.

Au fait, avant de terminer : j'ai ajouté un album photo, et modifié un autre.
Bonne semaine!
Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 24 juin 2008
Devant tant d'insistance...

J'ai mis en ligne quelques photos, histoire que M. Rouy prenne des coups de soleil au format 15 pouces. Concernant le renouvellement des articles, ce sera tous les dimanches a priori (sauf cas de force majeure, comme hier).

Le sujet du jour : l'éthanol. Je vais essayer de ne pas l'écrire trop fort d'ailleurs parce-qu'ici le sujet est tabou, au même titre que la pédo-pornographie, la fortune de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ou Margaret Tatcher. Mais passons.

Quand on pose la question, n'importe quel Marocain (donc musulman officiellement, du moins à 99%) va jurera ses grands dieux (hum) qu'aucun de ses compatriotes ne boit. Si on insiste (dans le style "retournons la hallebarde dans la plaie"), ledit Marocain avouera que quelques dévoyés s'adonnent à ce plaisir coupable. En réalité...

...en réalité, ils ont l'air d'être pas mal à se faire claquer les neurones. L'alcool (vente/consommation) n'est pas illégal, c'est juste légèrement incompatible avec certaines interprétations du Coran. Donc ceux qui veulent boire n'ont qu'à le faire en se cachant plus ou moins. Pour ça il y a deux solutions :
- aller dans un bar. Ceux-ci sont souvent conçus pour les touristes à la base, mais sont d'après mon expérience quasi-exclusivement fréquentés par des locaux. Il faut dire que Ouarzazate est une ville de passage, alors se prendre une cuite avant ou après une randonnée dans le désert...
- Se diriger vers un magasin vendant de l'alcool ( possédant une licence spéciale). Il y en a 2 ou 3 à Ouarzazate, dont le fameux Menara Drink Store (j'aurais bien mis une photo mais j'aurais été poursuivi par les clients, vous allez comprendre). Le Menara est une noble institution qui vend des soft dans la première partie du magasin. En arrière salle, derrière des piles d'eau minérale, plusieurs caissiers vendent à tour de bras des bouteilles (allant de la bière locale, la flag, à la vodka importée de Russie). Le plus drôle c'est la tête des clients : certains mettent des lunettes de soleil, tous ont l'air stressé et ont envie d'acheter et de mettre les bouts le plus vite possible. Du point de vue ambiance, ça fait un peu sex-shop (comparaison par ouïe dire), d'autant que les bouteilles sont enveloppées dans du papier et mises dans un sac plastique noir.


Un conseil : à quelqu'un qui vous demande s'il y a du vin dans votre gourde, ne répondez pas que le vin est sacré et que c'est mal de le mettre dans un tel récipient. Je l'ai fait spontanément, et je me suis senti idiot moins d'une demi seconde après.

Aller, il faut que je file. Bonne semaine à vous.
Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 15 juin 2008
D'accord, d'accord, je vais l'écrire, ce blog...
Devant le nombre de gens ayant demandé de mes nouvelles (4 personnes, en comptant ma mère), je me résouds, la mort dans l'âme, à polluer la Toile.

Le premier message (celui d'aujourd'hui, pour ceux qui ne suivent pas) va être long et chiant, en mode spé dev (cf. titre du blog). Promis, les suivants seront moins pénibles (cf. fin du message, ça vous obligera à tout lire).

Reprenons.
Je suis à Ouarzazate a priori du 1er juin au 31 août pour réaliser le diagnostic agro-(socio-)économique d'une exploitation agricole. J'écris a priori parce-que j'aimerais bien prendre 15 jours (un mois?) pour visiter le Maroc en (douce) compagnie de ma chère et tendre.

Mon travail consiste pour l'instant à réaliser l'inventaire des pratiques agricoles ayant lieu sur l'exploitation. Sur le papier, c'est bien, en réalité, la seule personne en possession de ces informations n'a pu me consacrer que 2 heures cette semaine (he is a full-time job). Après un petit moment de doute (en mode "mais qu'est-ce que je fous ici?") j'ai passé pas mal de temps à lire de la biblio. La biblio terminée, j'ai entamé l'enquête auprès des ouvriers agricoles , et je m'apprête à prendre la tête aux directeurs des différents services.

Comme mes problèmes vous ennuient probablement, je vous promets d'être plus léger (et moins studieux) les fois prochaines, avec des sujets comme la main gauche, le code de la route marocain, la polygamie (spéciale dédicace à gautier), les demandes en mariage et les techniques de survie en milieu aride. Et je mettrais des photos.

Bislama.
Par Titom
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus